Lafite-Rothschild et Ricardo Bofill à Bordeaux

Au fur et à mesure que le marketing s’immisce dans le monde du vin, l’architecture et le design y prennent une place grandissante.

chais lafite Rothschild

Château Lafite Rothschild : chais inaugurés en 1987

De plus en plus de grands propriétaires n’hésitent plus à faire appel à de grands architectes pour moderniser leur image.

Si les pierres des châteaux ne sont pas modifiées, car elles sont l’image traditionnel du vin, les chais, eux, profitent des lourds investissements des propriétaires pour apporter cette touche de modernité et d’ouverture aux mondes des arts contemporains.

Néanmoins, ils sont peu nombreux en France à oser réellement, la plupart se contentant d’une architecture contemporaine « politiquement correcte ».

Pourtant, ce courant architectural n’en est qu’à ses débuts en France et certaines tentatives, souvent l’oeuvre de propriétaires passionnés, sont essentielles (Ducru-beaucaillou, Arsac…).

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Les français pionniers mais désormais dépassés

Dans les nouveaux pays producteurs de vins, au contraire, on assoit sa supériorité par rapport à son voisin par la démesure de son projet.

Ils ont comblé leur relative jeunesse viticole par des coups médiatiques et marketing dont fait partie l’architecture.

Dans ce cas, ils ont la chance de ne pas être dépendant de l’image d’un château vieux de plusieurs siècles. Car dans « l’ancien », le bordelais a ses pionniers en la matière.

architecte catalan

Ricardo Bofill architecte espagnol

On peut remonter à la construction du surprenant Cos d’Estournel, et on s’arrêtera aux chais révolutionnaires du château Lafite-Rothschild imaginés par Ricardo Bofill en 1985.

Cette réalisation marque l’une des premières collaborations entre le monde du vin et un architecte contemporain mondialement connu.

Le début des années 80 est marqué par la prospérité des grands viticulteurs bordelais après des années 70 difficiles.

Lafite-Rothschild, célèbre Premier Cru Classé, profite de millésimes exceptionnels, notamment 1982. Les caisses du château sont pleines et un nouveau souffle règne à la propriété.

Le jeune Baron Eric de Rothschild arrive à la tête de ce monument, avec pour objectif, de réaffirmer la suprématie du château.

La guerre avec l’autre Premier Cru Rothschild (Mouton) poussera le nouveau directeur à changer toute l’équipe de production.

Mais si l’éternel concurrent est reconnu, c’est aussi pour ses célèbres étiquettes artistiques faites chaque année par de grands peintres.

Si l’un choisit l’art pictural, en perte de vitesse, l’autre collabore avec les plus grands photographes : Lartigue, Penn,Doisneau, Avedon.

La révolution dans les vignes passe également par des changements radicaux de l’outil de production. Les chais vieillissants de Lafite-Rothschild sont un nouveau prétexte à l’appel des plus grands artistes mondiaux.

En 1985, c’est le catalan Ricardo Bofill qui remporte l’appel d’offres pour la création d’un nouveau chai de Lafite-Rothschild avec un projet ambitieux qui va durera 2 ans.

Plus de 10 000 mètres cubes de terre sont charriés. Le projet suscite beaucoup de scepticisme, même dans la direction du groupe, où on prend l’architecte et le décideur pour des fous. Mais, à la fin des travaux, ce qui est une réussite esthétique, l’est aussi au niveau de la production.

Aux longs kilomètres de couloirs, Bofill a préféré un chai octogonal dont le rayon atteint plus de 25 mètres. Cette révolution architecturale fait économiser plus de 300 kilomètres de marche par an aux cavistes. Une voûte lumineuse soutenue par 16 colonnes dont le centre sert de lieu de passage et de travail.

La prouesse tient aussi du respect d’un lourd cahier des charges imposés à l’architecte, car le vin est vivant et doit vieillir de façon optimal. Les principes hygrométriques sont respectés, et les températures sont maîtrisées. Depuis son ouverture au public, la visite de ce chai apporte plus de 3000 visiteurs par an. Mais au-delà du succès touristique, la technique du chai octogonal est désormais devenu une référence.

De plus en plus d’amateurs de vin se passionnent pour l’histoire du vin en France sur des vignobles historiques comme Bordeaux. Ils participent à des cours oenologie Bordeaux pour en apprendre plus sur ce vignoble, soit en plein coeur des vignes à Saint Emilion par exemple, mais également sur différentes villes de France comme Paris, Lyon, Lille, Beaune…

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